Toi qui n'a plus rien à perdre depuis que l'ange Gabriel
S'est habillé en militaire pour te prendre père frère et mère
Qui n'a plus de repères, qui regarde le ciel
Avec espoir de voir pleuvoir des aides humanitaires
Toi qui n'a connu que la guerre
Qui ne vois pas d'chars reculer malgré tes jets de pierres
Toi qui erre entre tombeaux et civières
Toi qui dépouille des cadavres pour te réchauffer l'hiver
Toi ce solitaire, qui n'a pas d'orphelinat pour l'accueillir
Qui n'a que des fous de Dieu pour l'applaudir
Toi que l'Occident a oublié
Toi qui reçoi de la pitié qu'au moment du journal télévisé
Toi qui crois qu'on vit heureux, qui nous déteste
Qui crois qu'on en a rien à foutre de c'qui c'passe dans l'Est
Toi qui n'a pas totalement tort
Vu qu'on boude notre liberté bien au chaud dans notre confort
Toi, qui n'a que quinze ans
Qui n'connaîtra jamais c'qu'est le bonheur d'être un enfant
Toi, qui fixe ce char américain qu'est devant toi
Jette moi ces explosifs, s'il te plaît ne deviens pas...
une Bombe humaine
Toi qui n'a plus rien à perdre, qu'avai une vie extraordinaire
Toi qui aujourd'hui ne peux voir ton fils que chez son beau-père
Toi qui n'a plus de frère, pour cette femme
Qui aujourd'hui s'envoie en l'air avec ta pension alimentaire
Toi qui ne vis plus qu'à l'hôtel
Qui passe ses nuits dans des bars, pour te noyer dans des cocktails
Toi qui n'a plus de job
Depuis qu'au chantier tu crois être complètement sobre
Toi, qui collectionne les rappels du Trésor Public
Toi pour qui la garde parentale se complique
Toi, qui deviens aigri, qui perd tous ses repères
Toi qui paranoïe même sur la sympathie de ta boulangère
Toi qui déteste les hommes heureux
Toi qui traîte toutes les femmes de putes et toi qui déteste Dieu
Toi qui fonce vers ce centre commercial
Jette moi ces explosifs, s'il te plaît ne deviens pas une...
une Bombe humaine